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« Mon seul regret…
Je t’accompagne »

Un miracle


unmiracle

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Oui, j’aimerais bien comprendre ce qui me touche à ce point dans la disparition de quelqu’un et de plusieurs que cela soit physique ou affectif. Je vous annoncerais pas le nombre de décès de mon entourage proche et un peu l’éloigné qui ont succédé ces derniers mois. Au bout du quatrième enterrement, j’ai compris ce que signifiait, ce que pouvait signifier pour moi “se recueillir une dernière fois” : accepter le départ et céder les droits à la vie. Qu’il m’a été dur d’accepter… et ai-je vraiment accepter le départ de cet ami d’enfance mort à 37 ans et ai-je accepté le compagnon d’une amie que je connaissais depuis plus de 10 ans et ai-je accepter vraiment le départ de James pour qui malgré sa maladie gardait le sourire jusqu’au dernier souffle… Non, j’ai juste compris qu’il fallait les laisser partir. Partir en paix. J’aimerais comprendre ce qui me fait pleurer à ce point… j’aimerais comprendre pourquoi,  je n’oublie pas ces gens que j’ai tant aimé, malgré que je garde le sourire dans le souvenir de leur présence.
Je me sens parfois vide, sans allant, perdu, triste… et 15 ans après le décès de mes grand-parents bien que leurs visages m’échappent désormais, une larme me parcoure encore… Et étonnement, je n’aurais qu’une chose à leur dire… je vous aime, encore. Est-ce leur départ, leur absence… est-ce égoïstement la solitude de leur absence qui me touche ?  La semaine dernière encore, j’ai appris le décès du tenancier du bar à 49 ans où je vais souvent. Aujourd’hui, le café est ouvert, on est lundi, sa femme était toujours derrière le bar aidée de deux autres personnes pour faire le relais et sans doute aussi là pour la soutenir. Ils avaient le sourire, ils restaient dignes et se montraient comme tous les jours avec l’humour habituel… J’ai été particulièrement ému et troublé de cette force, de cette force de vie qui reprend le dessus. N’y aurait-il pas de la vie dans cette mort ? Au delà de tout, par dessus tout ? Je dois être émotif ou dépressif. Je ne sais pas. Je suis désolé… de vous lâcher mes humeurs du jour.

Et il y a rien à dire. La vie continue.

Et la petite mort, celle du cœur, celle de la séparation… Comment le vivre si ce n’est de faire comme eux , comme ceux du café, garder le sourire, reprendre les choses là où on les a laissé comme par hommage, comme par amour… Se dire que cela arrive, non pas que c’est anodin ou que l’on retrouvera quelqu’un pour les remplacer tout en accepter d’entendre un faussement désolé de part et d’autre comme s’il n’avait pas conscience du vide qui me parcourt. Qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que l’amour ? A-t-on été prévenu des effets secondaires, des contre-indications quand l’autre vient à disparaitre ? Pourquoi faut-il s’y résoudre, vivre avec ou vivre sans (comme ils disent) ? Il doit bien avoir une réponse ? Une explication ? Le réconfort n’est pas une explication, n’est pas non plus une réponse. Je ne suis plus un enfant à qui l’on dit :  « c’est une chose de grande personne, tu comprendras quand tu seras grand ». Maintenant, je suis adulte et je continue à ne pas comprendre.

Je m’émerveille devant la vie, la naissance. Cette microscopique petite graine insignifiante qui donnera un arbre, un adulte, une fleur. Je la vois grandir, évoluer et changer, je lui donne mon amour. C’est comme un rêve, cela parait utopique…insignifiant et fragile… cela retient toute mon attention. Il y a là, un miracle. Et quand elle vient à disparaître, c’est comme si une partie de moi était partie avec, comme si la vie de l’autre était en moi aussi et me donnait de la force de vie, de vitalité. Quand elle se retire, j’ai l’impression d’avoir perdu quelque chose, je perds mes repères comme une petite mort et pourtant je suis encore là… Comme un miracle. Et ma joie, ma vie renaîtra quand une nouvelle vie se présentera à moi.  Est-ce la faculté d’oublier qui permet de mieux le vivre ?  Je n’oublie pourtant pas mes amours passées, ce qu’elles m’ont apporté, comment elles m’ont fait grandir à chaque fois. C’est un miracle.

A quel moment comprend-on que la mort est une nouvelle vie qui commence, qui enrichit notre être, qui nous nourrit, nous offre un nouveau regard, que c’est un miracle ?

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