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Le Bouddha a utilisé un mot très puissant : « Shunyata » qui se traduit par « vide » ou « vacuité » mais qui rend pas vraiment le sens de ce mot, car « Shunyata » exprime bien plus : la vacuité incarne toutes les choses inconstantes de ce monde qui ne sont pas réelles et emplies de peine et qui ne sont que de simples apparitions. Et pourtant, cette vacuité comporte en elle toutes les possibilités : c’est un potentiel absolu. « Shunyata » n’est pas encore manifesté et de ce fait, il contient déjà tout. Au début, la Nature existe, à la fin elle existe encore. Pourquoi alors se tourmenter de la sorte de ce qui se trouver au milieu ? Pourquoi tant de peur, de soucis, d’ambition et de désespoir ? Partir de la vacuité pour arriver à la vacuité : Tel est le voyage.
Le « Vide » peut appeler la confusion et être un passage effrayant. Il n’y a plus rien à quoi s’accrocher, plus de direction : toute trace de possibilité semble être effacée. Néanmoins, le vide représente l’état de potentialité pure qui précède la création de l’univers. Il ne vous reste qu’à vous détendre et à prolonger dans cette vacuité… Bientôt, quelque chose de sacré naîtra.

- Et toi, où avais-tu disparu tout ce temps ?
- Je n’ai pas disparu, j’étais juste pas palpable. J’essaie à tout pris de ne pas me projeter, de rester le plus présent possible… j’essaye de ne pas regarder derrière. On appelle cela aussi “vivre l’instant présent”, mais cela ne correspond pas vraiment à mon état.
Tout ceci mélangeait à une sorte de va-et-vient de mes envies, de mes désirs profonds qui nagent autour de moi comme s’ils attendaient un moment d’inattention de ma part pour me sucer le sang.
J’ai l’impression de nager entre deux eaux et j’essaie de ne pas me laisser emporter par le courant. J’essaye de me dire que cet état de ‘vide’ est une chance, la chance de faire le point. De me dire ce que je veux vraiment, aujourd’hui, dans ma vie. Me dire que cette période est là pour me permettre de voir vers quoi je tends ou vers quoi je souhaite tendre.
Je me sens parfois particulièrement seul. Et quand j’y pense, je me rends compte que je ne le suis pas plus aujourd’hui, qu’hier. C’est une période ou je dois être totalement vigilant, éveiller, sensible et attentif à tout ce qui surnage, plutôt que d’être dans la paresse et “l’abandon de soi”. J’essaie donc de me recentrer, me détacher du monde, des gens, des idées, des envies, des pensées, des actions, des passions, des souffrances…
Ce qui explique sans doute cette impression de silence.
Mais je suis là pour toi, il n’y a aucun doute… tu fais partie de mon chemin.
L’idée n’est pas de faire le vide, mais de vivre le vide, non pas comme quelque chose à dépasser, mais comme quelque chose que j’épouse, qui m’emplit de l’intérieur, qui me nettoie.
Je marche sur un fil au dessus du vide, dans le vide.
Un sourire, un geste, l’affection que l’on me donne m’attire profondément et en même temps, je sais que je ne dois pas lui porter d’attention, ni même m’y attacher, alors que c’est souvent dans ces moments-là que je le sollicite le plus. Dans ces moments-là, je me sens particulièrement fragile, en proie à mes désirs primaires. Dans ces moments-là, toutes marques d’attention, d’affection ou d’amour ne me sont pas perçus dans un échange et un partage mais comme un palliatif, un exutoire à ma blessure.
J’essaie d’être constant, d’être comme hier dans mon rapport avec les autres, ni plus, ni moins sans laisser mes pensées s’altérer.



